4 de febrero de 2015

Badiou forclos par Jacques-Alain Miller

Badiou forclos par Jacques-Alain Miller 

Badiou forclos par Jacques-Alain Miller Dimanche 1er février Comme à son habitude, la montre d’Alain Badiou retarde. L’heure de paraître sur le pré, c’était il y a deux ans. Je le croyais mon ami. Je venais de découvrir qu’il m’avait traité de « renégat. » Je voulais avec lui « un duel intellectuel à mort. » [Autocritique : j’étais fou de rage.] Il me répondit froidement : « “Renégat” n’est pas une insulte, c’est une description. » Et il se déroba : « Quant au duel, n’y songe pas ! Bien évidemment, je ne me bats pas en duel avec un renégat. » Ce propos m’inspira une pochade, « Les confessions d’un renégat. » Puis, je dressai son constat de carence sur la Toile une journée durant, le jeudi 28 février 2013, tout en diffusant des mails à moi envoyés sur le sujet, dont l’un émanait de sa flle Claude. Il y eut un rebond en fn de semaine, à Barcelone, où j’étais pour un séminaire. Je répondis le lundi suivant à un signe de Stéphane Zagdanski. Je rédigeai encore une farce, « La conjoncture de Goodme. » Et puis, rideau. Toute émotion à son propos m’a quitté. Je ne le compte plus parmi mes amis. Il m’indiffère. Il a fallu sa récente tribune du Monde - sa charge contre La Pucelle d’Orléans, qui me parut un sommet - pour que je repense à lui. Je lui ai consacré ma dernière chronique en le couplant avec Onfray, dont l’éloge de Charlotte Corday m’avait naguère interloqué. Et le voilà qui se pointe à nouveau, le bec enfariné, et qui me donne du « Cher JacquesAlain » comme antan, et qui me fait des « petits reproches », et qui me prie de m’intéresser à lui. Merci, j’ai déjà donné. Son droit à bénéfcier de mon attention, il l’a perdu pour ne l’avoir pas exercé en temps voulu. Ma prose de 2013 répondait par avance à presque tout ce qu’il m’écrit aujourd’hui. Le reste méritera un post-scriptum. [Tout compte fait, je donne d’abord le post-scriptum, suivi de ma toute première pochade.] POST-SCRIPTUM 1 er février 2015 « Tu fais comme tu veux, en indiquant, à chaque fois, q ue mon texte est un mail privé dont je t'ai laissé l'usage libre, et que donc c'est toi et non moi qui a décidé de le rendre public. Cette mention est tenue par moi pour obligatoire. » Autrement dit, « tu fais comme tu veux, à la seule condition de le faire comme je veux. » « quelques anecdotes, souvent controuvées » Joseph de Maistre : « On n’a rien fait contre les opinions, tant qu’on n’a pas attaqué les personnes. » Oui, mais à quoi bon quand le sujet se fait chocolat lui-même ? « Pour l'Onfray, qu'il s'en débrouille : je lui ai pour ce qui me concerne directement rivé son clou lors d'une émission d'une heure sur Médiapart. » J’ai regardé cette vidéo en son temps : deux colombes. Haut comique de cette série où les penseurs progressistes sont convoqués devant le philosophe-dramaturge, qui les dégrossit et leur enseigne le beau langage et les manières de table. « Tu devrais avoir l'honnêteté de dire que les preuves en question, tu ne peux les suivre, pour la seule raison qu'il te manque un poil de culture mathématique » L’homme honnête dépêchait jadis à mon cours son amie MC pour lui en rapporter les notes, spécialement au temps où je commentais un par un les axiomes de la ZF (la théorie des ensembles Zermelo-Fraenkel). « quand tu étais un jeune révolutionnaire ultra-gauche, je te combattais à ce titre, et tu me combattais toi aussi sans merci » Les prétendus combats d’un planqué. « "Planqué", tu n'en sais rien. De ma vie active, tu ne sais rien. De ma vie tout court, du reste, tu ne sais rien » Que voilà un planqué qui se croit vraiment bien planqué. Planqué au point qu’on ne puisse même pas savoir qu’il est planqué. « De ce que je peux continuer à faire avec ces ouvriers des foyers que tu as abandonnés un beau jour sans raison à leurs yeux défendable, tu ne sais rien du tout. » La Gauche prolétarienne ne m’a jamais missionné pour organiser les « ouvriers des foyers. » « Et t'es-tu toi-même jamais autocritiqué en public? » Jamais. J’ai quitté la GP plutôt que de faire l’autocritique que Benny Lévy me demandait. « Je te recommande sur ce point la quatrième partie de mon petit livre "Métaphysique du bonheur réel" : c'est sans doute un exercice de doute sur soi-même sans trop d'équivalent aujourd'hui » Comme dit l’autre, « pour la modestie, je ne crains personne. » « si tu évites de continuer à vanter comme un exploit humaniste la totale destruction de tout ordre public en Libye, et ce pour quasiment toujours, par les efforts conjugués de l'aviation française sur le terrain et de BHL (et de toi) dans les salons. » L’ordre public, valeur suprême du discours du maître. Quintessence de l’esprit contrerévolutionnaire. On a toujours raison de courber la tête.
Fuente http://www.lacanquotidien.fr/blog/wp-content/uploads/2015/02/LQ-472.pdf